Le syndrome du chat bleu

Expression libre de Nathalie Noël, professeur d’espagnol en lycée, militante du Sgen-CDFT

Comme le montre cette vidéo de manière caricaturale et décalée, l’école n’est pas toujours un lieu accueillant ni bienveillant. Nombre d’élèves, et d’enseignants, d’ailleurs, n’y trouvent pas leur place. L’exclusion est parfois violente, parfois plus diffuse, plus perverse.

Si aujourd’hui je travaille dans un établissement dont l’ambition est de construire un parcours adapté aux difficultés et aux points forts de chaque élève, dans une perspective clairement inclusive, j’ai connu et participé à des conseils de classe qui souffraient du syndrome de la petite fille au chat bleu. Il en existe encore.

Souvent, les élèves pour qui « l’aventure se termine » ne sont pas des petites filles bien sages, plutôt des élèves agités, perturbants, agressifs, prostrés ou tellement absents qu’ils finissent par disparaître d’eux-mêmes.

La grande majorité des collègues sont très éloignés de ces caricatures, évidemment. Mais je verse ma larme à chaque fois que je regarde la petite fille au chat bleu parce que je ressens une incroyable impuissance collective face à ce système scolaire qui exclut, qui broie, qui trie. Sans une réforme profonde nous ne pourrons que continuer à constater les dégâts.

C’est parce qu’il faut cesser de renoncer à changer l’école ou de rêver à une école mythique qui n’a, d’ailleurs, jamais existé, c’est pour ne plus pleurer de colère et de dégoût après des conseils de classe que je milite. Pour prendre les élèves tels qu’ils sont, les aider à progresser vraiment, il est temps de mettre en place une école véritablement inclusive. Et pour porter cette idée, il faut voter pour le Sgen-CFDT.

Pour savoir ce que propose le Sgen-CFDT, c’est ici : Notre projet pour l’école

Quelques chiffres pour éclairer le débat

Des écarts qui se creusent

Les résultats Pisa du système éducatif français sont préoccupants parce qu’ils mettent en évidence, sur les dix dernières années :

  • une baisse du niveau moyen en mathématiques : entre 2003 et 2013, la France perd 5 places en passant de la 13e à la 18e place sur 34 pays ;
  • un accroissement des écarts de niveau entre les élèves qui s’explique par le plus grand nombre d’élèves en diffculté, alors que dans les autres pays de l’OCDE, cette part est stable ;
  • une aggravation des déterminismes sociaux : l’école française est aujourd’hui celle des pays de l’OCDE où l’origine sociale des enfants pèse le plus lourd dans les résultats scolaires, et cette tendance s’est accrue ces dix dernières années.

Un décrochage scolaire préoccupant

Les décrocheurs sont les élèves de 16 à 25 ans qui quittent le système de formation initiale sans avoir obtenu de diplôme professionnel ni le baccalauréat. En France, ils sont estimés à 140 000 en moyenne chaque année.

Un absentéisme qui s’aggrave au cours de la scolarité

La proportion d’élèves absents de façon non justifée quatre demi-journées ou plus dans le mois atteint, en moyenne annuelle, 2,2 % des collégiens, 4,9 % des élèves de lycée d’enseignement général et technologique et 11,8 % d’élèves de lycée professionnel.

De jeunes adultes mal armés pour la vie

D’après les évaluations lors de la journée Défense et citoyenneté de 2013, les acquis en lecture sont très fragiles pour 9,6 % de jeunes de 17 ans qui, faute de vocabulaire, n’accèdent pas à la compréhension des textes. Les jeunes les plus en diffculté représentent 4,1 % de l’ensemble.

Sources : site ministériel (education.gouv.fr)

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