Mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République

Après la réunion des élus et des personnels d’encadrement au cours de laquelle M. le Recteur a indiqué les orientations choisies, nous avons ce mercredi 28 janvier pris part à la rencontre académique de Mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République au côté des autres organisations syndicales (FSU, CGT, UNSA, FO, SNALC) ainsi que des fédérations de parents d’élèves (FCPE, PEEP) et des représentants lycéens (élus CAVL et représentants du syndicat lycéen UNL). Etaient également présents le Recteur, des inspecteurs et proviseurs Vie scolaire, le directeur de l’Espé et les directeurs académiques.

Dans le contexte particulier qui agite le monde enseignant suite à la procédure engagée contre un collègue du lycée Victor Hugo, les organisations syndicales présentes, à l’exception du SNALC qui n’a pas souhaité s’associer à cette réflexion, se sont interrogées sur leur participation à cette réunion. Après réflexion, une déclaration intersyndicale a été validée et signée par le Sgen-CFDT, la FSU, la CGT Educ’action, l’UNSA Education, le FNCC-FP-FO et a été lue, puis nous avons contribué aux débats, qui ont été de très bonne tenue.

La délégation du Sgen-CFDT a porté les propositions suivantes :

Version à télécharger : Propositions Sgen CFDT Valeurs Republique

  • Droit à l’erreur pour les collègues, dans la mesure où aucune infraction n’a été commise, dans les deux jours qui ont suivi les attentats, quand il a fallu réagir dans l’urgence, le manque d’information, et alors même que les prises d’otages se succédaient, rendant difficile toute prise de distance.
  • Droit à l’émotion et à l’expression pour les élèves pendant ces deux journées, dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons.
  • Mise en place de processus d’information claire et précise des collègues en cas de mesures prises en urgence par les autorités.
  • Fin des injonctions contradictoires entre l’invitation à faire débattre et échanger les élèves et l’interdiction réelle ou ressentie de leur part de s’exprimer véritablement, ce qui suppose une solide formation des enseignants pour mener à bien des temps de parole en restant dans une perspective pédagogique et/ou éducative.
  • Possibilité de dégager du temps sous forme d’une ou deux demi-journées banalisées pour les établissements qui le souhaitent, pour organiser une formation, monter un projet éducatif, concevoir des séquences pédagogiques…
  • Formation transversale qui bénéficie à tous les personnels de la Fonction publique d’État et de la Fonction publique territoriale exerçant au sein du système éducatif, et non pas seulement aux personnels de direction d’inspection et d’enseignement, car ces questions touchent tous les métiers et tous les statuts.
  • Sortir de l’obsession de la radicalisation islamiste : la lutte contre les dérives intégristes doit porter sur toutes les formes sectaires et ne doivent pas se transformer en propos discriminants ni en caricatures malheureuses comme ce fut le cas dans un diaporama récent.
  • Sortir également du fantasme de l’autorité, qui enferme chacun dans des représentations erronées et des postures frontales : la véritable autorité, c’est celle de l’enseignant confiant dans ses compétences et dans ses pratiques, travaillant en réseau avec les autres personnels, soutenu par sa hiérarchie et accompagné dans son adaptation aux publics rencontrés.
  • Que les valeurs républicaines ne se limitent pas à discours incantatoires, à des levées de drapeaux, à des chants et à des journées symboliques, mais soit bien au coeur des préoccupations du système scolaire, dans ses contenus et modalités d’enseignement, d’évaluation, d’accompagnement de l’élève.
  • Que l’enseignement moral et civique, que l’éducation au numérique ne soient pas des cours à part mais irriguent toutes les disciplines, car la citoyenneté ne peut pas être mise entre parenthèses ni se résumer à un catéchisme républicain.
  • Que la formation initiale et continue des personnels permette aux collègues de prendre en compte les apports de la sociologie, de l’histoire et des sciences dans leur pratique professionnelle.
  • Que les moyens soient réellement donnés pour toutes les mesures de remédiation évoquées par la ministre, notamment dans l’acquisition du langage : aides et enseignement spécialisés, décloisonnements, classes d’accueil, réduction des effectifs, etc.

Voir aussi notre article Après Charlie, comme avant, il reste tant à faire…

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