DECLARATION AU CDEN79 du 30 juin 2017

Mme la Vice-Présidente du Conseil départemental,
M. le Préfet, M Le DASEN,
Mmes et M. les membres du CDEN

 
Nous sommes réunis aujourd’hui pour évoquer la carte scolaire. Espérons que nous ne nous contenterons pas d’entériner les décisions du CTSD et que les chiffres fournis par les écoles depuis une semaine seront pris en compte. Ainsi, certaines écoles fragilisées par une fermeture de classe et soumises à la concurrence du privé ( Paul Bert Niort…) ou en ZRR ( Azay sur Thouet…) ont enregistré des inscriptions justifiant un réexamen de leur situation.

Mais,nous sommes aussi réunis pour le premier CDEN de l’après-présidentielle. Le nouveau gouvernement veut aller vite, trop vite dans son envie purement idéologique de retour en arrière défaisant ce qui a été fait sans dialogue social et sans prendre le temps de l’évaluation.

Ainsi la promesse de dédoublement des classes de CP en REP+ puis en REP va se faire au détriment du dispositif « Plus de maîtres que de classes » dont l’évaluation est en cours. Le Sgen-CFDT n’est évidemment pas contre une baisse des effectifs par classe mais considère que le premier dispositif est bien plus riche et efficace: travail en équipe, suivi individualisé, pédagogie différenciée… Le ministre ne tient pas compte de l’investissement des collègues dans la mise en place du dispositif . De plus, les moyens en locaux des communes sont souvent contraints.
Nous dénonçons la communication sur la création de postes pour ces dédoublements alors que c’est un déplacement de moyens (PDMDQC mais aussi de remplacements) ou un recours aux contractuels. Ces derniers seront mis dans des classes sans formation et sans assurance d’être reconduits.
De même la remise en cause de la réforme des rythmes scolaires relativement bien acceptée dans notre département dans l’élémentaire, va entraîner le retour à quatre jours dans la précipitation et conduit à un quatrième changement en 10 ans. Le Sgen-CFDT a refusé de se prononcer au niveau national et veut une approche globale des temps de l’enfant au niveau de la journée, de la semaine et de l’année. Il faut aussi considérer la journée des enseignants en prenant en compte les 6 heures de classe, réunions, corrections, préparations, rencontres diverses …L’allongement de leurs journées de travail ne va-t-il pas nuire à leur qualité de vie professionnelle et personnelle ? De plus beaucoup de personnels du périscolaire vont voir les contrats remis en cause alors qu’il aurait fallu les pérenniser. Beaucoup de communes comme Nice vont profiter de la possibilité du retour aux 4 jours pour faire des économies sans souci du pédagogique.

De même en ce qui concerne la réforme du collège mise en place depuis seulement un an. Demander à cette époque de l’année de revoir l’organisation de l’année scolaire prochaine après plusieurs conseils pédagogiques, d’enseignements, conseils d’administration …démobilise les équipes. Nier l’investissement énorme, au bord de l’épuisement de nombreux collègues, qu’ils aient été pro ou anti réformes au départ, et leur demander d’abandonner ce qui a eu à peine le temps d’être opérationnel est un déni complet. La remise en cause de piliers de la réforme tels que les EPI réduits à la portion congrue et l’AP, le retour à des filières optionnelles et à des emplois du temps surchargés pour certains collégiens va ramener à un collège élitiste, sélectif et source de tensions. Le bon sens aurait voulu qu’on attende aux moins quelques années pour faire une évaluation sereine avec suffisamment de recul.

Cette politique qui fait, défait, refait nous épuise. Elle montre des intérêts partisans et est sans réflexion ni souci d’évaluation des résultats. Une nouvelle fois, le temps politique prime sur le temps pédagogique.

A cela s’ajoutent l’annonce ce matin du gel du point d’indice de la fonction publique et peut-être demain la remise en cause du PPCR.

Tout cela est source de démotivation des équipes.

 

Enfin, je terminerai en dénonçant la consigne, surprenante pour beaucoup de collègues, reçue de vos services M le DASEN, avant la présidentielle nous demandant de ne pas nous engager dans les élections. Confondre notre devoir de réserve normal en tant que fonctionnaire exerçant devant des élèves et notre engagement légitime, hors du travail comme citoyen est un amalgame qui va, contre les valeurs de responsabilité et d’implication dans la vie de la cité, qu’on nous demande d’inculquer à nos élèves .

Pour le Sgen-CFDT

Bernard MARTIN

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com