Audience avec Mme la Rectrice – 02 février 2018

Le Sgen-CFDT a demandé à rencontrer la rectrice en ce début d’année civile, pour faire le point et porter la parole des personnels sur les réformes en cours mais aussi sur diverses questions de fonctionnement.

DIALOGUER ET ÊTRE FORCE DE PROPOSITION

Mme Bisagni-Faure ayant répondu favorablement à notre sollicitation, elle a reçu ce vendredi 02 février, pendant une heure, une délégation de cinq représentant·e·s du Sgen-CFDT Poitou Charentes. Son secrétaire général M. Diaz nous a accordé un petit temps supplémentaire après le départ de la rectrice.

Tous les sujets sur lesquels nous avions prévu d’échanger n’ont pu être abordés, certains seront donc reproposés ultérieurement en d’autres occasions (CTA par exemple) ; ci-dessous les principales idées à retenir.

Voir aussi notre déclaration préalable au Comité technique académique du 23 janvier 2018 :
DeclaCTA janvier 2018

 

LA RÉFORME DU PREMIER CYCLE UNIVERSITAIRE

Un échange de grande qualité et des points de convergence, notamment l’idée que l’enjeu central est celui de la réussite  des étudiants.

Autre point d’accord au sujet des réponses « oui si » qui peuvent être données à une demande d’affectation d’un·e lycéen·ne et qui ont pour corollaire la mise en place de dispositifs de soutien / de remédiation. Nous savons la charge de travail induite par cette nouveauté et il faut accorder les moyens de sa mise en oeuvre. Nous pensons aussi que les universités peuvent s’appuyer sur des dispositifs qu’elles font déjà fonctionner, qui dit réforme ne dit pas forcément révolution, il faut oser s’emparer des pratiques déjà en place et les développer.

Notre vigilance porte aussi sur le fléchage des moyens alloués à cette réforme, qui ne devront pas se perdre dans le budget « général » des universités.

Toutefois, si la rectrice a confirmé son accord de principe pour la mise en place d’un comité de suivi de cette réforme du premier cycle universitaire, nous regrettons deux choses :

  • qu’il ne puisse être mis en place rapidement puisqu’elle souhaite attendre les dernières discussions et promulgations au niveau national alors même que, localement, le compte à rebours de l’organisation de la prochaine rentrée est déjà bien engagé ;
  • que ce comité de suivi soit totalement déconnecté de la probable / possible / prochaine réforme du lycée et du baccalauréat annoncée par le ministre Blanquer ; en effet, pour elle il y aurait un volet universitaire et un volet scolaire lié exclusivement au fonctionnement de ParcoursSup mais rien sur le reste du lien lycée-université, tandis que pour le Sgen-CFDT la construction d’un parcours de réussite se décline autour de l’idée du bac-3/bac+3.

CALENDRIERS INTENABLES ET DÉCOURAGEMENT
FACE AUX DÉTRICOTAGES INCESSANTS

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Sur ces sujets, la rectrice représentant l’administration, nous avons forcément plus de mal à trouver des points d’entente !

Nous avons rappelé le sentiment de découragement voir de défiance qui peut se développer en raison des annonces qui ne cessent de pleuvoir en tous sens mais aussi des retours en arrière.

Un des exemples évoqués : la réforme du collège avec le retour au « collège d’avant » permis par les différentes annonces du ministre depuis juin dernier. Concrètement, nous avons posé les questions suivantes : cette réforme est-elle abandonnée ? comment maintenir les nouvelles modalités d’enseignement (ex : co-intervention) qui ont pu être mises en œuvre dans le cadre de la réforme alors que la dotation complémentaire de 3h par classe sert à nouveau à alimenter moult dispositifs destinés à un nombre restreint d’élèves, comme c’était le cas il y a quelques années ?

Notre suggestion : y aura-t-il possibilité d’abonder les DGH des établissements poursuivant leur engagement dans les nouveaux dispositifs ?

La rectrice a tout d’abord clairement nié l’abandon de la réforme, s’appuyant sur ses visites d’établissement où elle voit vivre EPIs et projets divers ; nous avons fait remarquer que certes ces exemples existent mais nombreux sont aussi les établissements les EPIs, par exemple, mais aussi des initiatives concernant l’accompagnement personnalisé, risquent de disparaître en silence… De plus, autant il y a eu réticences à détricoter les répartitions de dotations à la va-vite en juin 2017, autant le tableau risque être bien différent à la rentrée 2018, avec l’empilement des options et enseignements complémentaires.

Sur la disparition progressive de l’interdisciplinarité, elle rappelle que les textes officiels ne sont pas modifiés et que chaque équipe peut aussi s’appuyer sur le projet académique pour étayer ses propositions.

Sur la possibilité d’abonder les dotations la réponse est habile, suggérant aux équipes de solliciter les moyens mis à disposition des réseaux ECLORE ; au Sgen-CDFT, nous sommes favorables à ce dispositif qui permet le travail de collaboration entre différents établissements, mais nous ne pouvons nous en satisfaire lorsque cela est présenté comme la réponse aux dotations contraintes.

Nous rappelons qu’une organisation pensée dans le cadre du service annuel de l’enseignant est une condition nécessaire à la stabilité et la faisabilité d’un projet, de plus nous sommes aussi vigilant·es aux conditions de travail de l’ensemble des équipes et ne pouvons voir dans « les projets payés en plus du service de l’enseignant » une solution viable. Notre revendication d’un service Toutes Tâches Comprises permettrait d’éviter ces dérives inflationnistes.

QUESTIONS DIVERSES

Plusieurs autres sujets ont été abordés :

  • transparence et logique du mouvement CPIF ;
  • étude de la question des moyens syndicaux pour la future mandature ;
  • relations et communication avec les services du rectorat.

Nous avons apprécié la possibilité de dialogue et avons bien noté qu’un certain nombre de réponses restent en attente, pour certaines en lien avec la future arrivée d’une nouvelle directrice des ressources humaines.

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Enfin, en ce qui concerne les difficultés particulières (établissements ou personnels), ce point a été abordé après le départ de la rectrice. La réponse ramenant à la responsabilité des personnels de « parler » s’ils ou elles veulent être aidé·es nous semble problématique car elle nie la réalité et la complexité des situations de souffrance au travail ; voilà pour nous un nouveau chantier de travail syndical, nous devrons être force de propositions.

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