Déclaration préalable au CDEN 79 (02/02/2018)

Ci-dessous la déclaration préalable lue par le Sgen-CFDT. Vous trouverez aussi ici le compte-rendu de cette réunion.

 

Mme le Préfet, Mme la Vice-présidente du Conseil Départemental, M. le DASEN, Mesdames, Messieurs,

Ce CDEN se fait dans un contexte de mesures annoncées dans la précipitation comme nous y a hélas souvent habitué le ministre Blanquer. On ne développera pas ici les annonces médiatiques hebdomadaires allant de l’évocation de l’uniforme à la dictée quotidienne qui sont l’expression d’un réel populisme et du manque de confiance pour les enseignants.

Le Sgen-CFDT le dit depuis toujours : nous ne pouvons pas transformer le système éducatif sans mobiliser l’ensemble de la communauté scolaire, dans le respect des compétences et expériences de chacun, et sans organiser le travail sur des temps qui permettent une véritable construction collective.

Ainsi, la méthode et le rythme choisis pour engager des réformes, ou en détricoter d’autres, ne nous semblent pas à la hauteur des enjeux, et mènent à des impasses. Pas d’état des lieux, pas de clarté dans les objectifs recherchés et des annonces qui s’enchaînent sans jamais prendre en considération les conséquences concrètes sur le terrain. Dans les faits, les décisions prises sont cosmétiques, ou se font au détriment de dispositifs déjà mis en œuvre (PDMQDC…), ou sont appliquées avec des équipes souvent tenues de consulter la presse pour connaître les détails de ce qui leur est demandé (évolutions du DNB, des rythmes scolaires…)

La réforme du lycée en est un exemple trop parfait. La consultation s’est faite au pas de charge et nous savons bien, dans les établissements, que le calendrier est intenable. La question du statut des enseignants, mais aussi plus globalement la question des conditions de travail sont purement et simplement ignorées. Pourquoi ne pas avoir pris appui sur la démarche retenue dans l’enseignement supérieur, où les concertations ont été nombreuses, des moyens accordés et où un agenda social a été mis en place pour accompagner les évolutions ?

De même, la réforme du collège appliquée sur une seule année n’a pu être évaluée et on voit revenir en masse des options qui vont augmenter les horaires des élèves et, recréer des classes de niveaux en mettant de côté le travail interdisciplinaire et la méthodologie.

Tout cela dans un contexte d’augmentation des heures supplémentaires souvent imposées et de recours massif aux contractuels comme évoqué tout récemment, mesures mises en place pour compenser la suppression de postes, sous prétexte qu’il n’y aurait pas assez de candidats aux concours. Pour le Sgen-CFDT, la transformation des heures-postes en heures supplémentaires n’est pas une solution, car les collègues sont demandeurs d’une bonne qualité de vie au travail, et pas uniquement d’une compensation financière pour une surcharge de travail qu’ils ne sollicitent pas toujours. Cette compensation financière aurait pu se faire en partie grâce au PPCR si le ministre du budget n’avait pas décidé de le différer. Conséquence : les salaires de 2018 seront inférieurs à ceux de 2017 avec la hausse des prélèvements.Ceci étant accentué par le retour du jour de carence, mesure injuste et inefficace.

Sur le 1er degré, sujet de cet ordre du jour, le Sgen-CFDT reconnaît au DASEN le mérite d’avoir limité la suppression des postes PDMQDC contrairement à d’autres départements. Mais, qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Les CP à 12 apporteront moins au plan pédagogique et dans certaines écoles, à moyens constants, ils entraîneront une hausse des effectifs des autres niveaux. Ils vont aussi assécher les moyens de remplacement et les possibilités de formation continue.

Les fermetures évoquées en CTSD se trouvent majoritairement en milieu rural (Fenioux, Le Breuil Bernard, RPID…), certaines écoles risquant même de devenir à classe unique (cas de St Jacques de Thouars à la rentrée). Les conséquences sur les conditions de travail des élèves et des personnels et l’isolement de ces écoles sont pour le Sgen-CFDT une raison pertinente pour maintenir des classes. A moyen terme, dans certains secteurs, le monopole du privé va s’accroître.

De plus les fermetures et des effectifs élevés dépassant les 26-27/classe (Bressuire/J. Ferry en politique de la ville, Brioux en ZRR…), sur Niort, vont rendre plus difficile voir impossible l’école inclusive. Le Sgen-CFDT lance d’ailleurs une alerte sociale sur ce point. En effet, les conditions de mise en œuvre de la loi de 2005 ne sont toujours pas réunies et ce, 13 ans après sa promulgation. Aujourd’hui, les enseignants et tous les personnels qui agissent au quotidien pour rendre possible l’inclusion scolaire sont au bord de la rupture.

Contre l’avis de nombreuses recherches et de son inspection générale, le ministre a décidé de permettre le retour de la semaine de 4 jours. Nous sommes dans un département où les avis sont très partagés comme l’ont montré les consultations des conseils d’école.

Mais le Sgen-CFDT s’interroge sur les critères choisis pour acter les rythmes de la rentrée prochaine, décision elle aussi prise dans la précipitation et qui va demander une réorganisation du transport scolaire et des horaires dans les semaines qui viennent. Beaucoup de collègues se sont sentis lésés suite aux prises de décisions et ne comprennent pas toujours les critères retenus : nombre de communes s’étant prononcées y compris celles sans école? Nombre d’élèves concernés ? Poids d’une commune/d’un élu par rapport aux autres? Commune, communauté ou syndicat intercommunal compétents ?, Poids d’un centre socio-culturel qu’il faut rentabiliser ? … Nous espérons que le CDEN spécial prévu après les vacances répondra à nos interrogations.

 

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