Classe exceptionnelle des agrégé·es : Sysiphe était peut-être bien une femme…

Ce jeudi 1er mars a eu lieu un groupe de travail préparatoire pour l’accès à la classe exceptionnelle des agrégés (pas de point médian vous allez comprendre pourquoi très vite) : on y a discuté de la liste des personnels proposés par l’académie de Poitiers pour l’examen des candidatures en commission paritaire nationale.

 A télécharger : Sysisphe classe exceptionnelle agrégés

 

Poussez la pierre, madame, poussez…

Le Sgen-CFDT avait revendiqué dans une réunion précédente que la proportion femmes-hommes dans la liste des personnes proposées corresponde à la structure du corps, soit 48 % de femmes au minimum ; aucun autre syndicat n’ayant soutenu cette demande, ne voulant pas « ajouter des inégalités à celles qui existent déjà » et se contentant de regretter les retards de carrière et de reconnaissance subis par les collègues féminines, voire trouvant cette demande farfelue, cette mesure n’a pas été retenue.

Nous ne sommes pour autant pas repartis bredouilles, car l’administration avait quand même pris l’engagement de se baser sur la proportion de femmes parmi les promouvables, ce qui voulait dire concrètement de chercher à atteindre 43 % de proposées pour cette campagne de promotion. Un moindre mal pour commencer à remonter la pente des inégalités salariales.

 

Fallait pousser plus fort…

Malheureusement, après le travail des services du rectorat et des corps d’inspection, notre surprise fut grande de voir que la proportion des femmes parmi les noms proposés n’était que de 34 % !!! 

Pourtant dans d’autres corps, les écarts entre l’objectif affiché et le pourcentage effectif de proposées n’est pas aussi grand. Nous peinons à croire que les parcours et qualités professionnelles des agrégées soient à ce point moindres que celles des agrégés…

Nous avons rappelé fortement que la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes était une priorité du protocole Parcours professionnel, carrières et rémunérations (PPCR) mais il n’a pour autant pas été possible de modifier substantiellement le projet. Si le Snes-FSU nous a apporté un timide soutien, le Snalc et Force ouvrière sont restés bien silencieux…

 

… ou pousser tous ensemble !!!

Quand il s’agit d’énoncer des grands principes, tout le monde est d’accord, même si le Sgen-CFDT est de fait le seul syndicat à porter régulièrement cette question en comité technique académique. Mais quand il s’agit de les mettre en pratique…

Car si les écueils accumulés dans la construction des carrières des personnels féminins depuis des décennies est un problème qui ne se résoudra pas à coup de promotions tardives, le signal donné par ces renoncements permet aux inégalités de perdurer et de continuer à cumuler leurs effets au cours du temps : moins de promotions, moins de perspectives, des revenus inférieurs…

Alors, chère institution, mesdames et messieurs des autres organisations syndicales, vous nous aidez à pousser la pierre ou vous continuez à la regarder retomber sans cesse à nos pieds ?

PS. On nous souffle dans l’oreillette que chez les PLP aussi il vaut mieux être un monsieur qu’une madame pour espérer une promotion…

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