Déclaration lue aux CTSD et CDEN, Deux-Sèvres, septembre 2018

Le SGEN CFDT représente les personnels, et par leur voix nous souhaitons dire ou redire :

  • que nous ne soutenons pas les méthodes de notre ministre, ni celles du gouvernement concernant les réformes de la fonction publique car ils bafouent le dialogue social, et préfèrent la communication vers les médias plutôt que la concertation avec les professionnels de l’éducation.

  • que s’appuyer sur le rapport cap 2022, aux relents libéraux, et un catalogue d’idées rétrogrades et dangereuses ne nous convient pas .

  • que le ministre remet en cause le travail de ses prédécesseurs sans concertation, comme c’est le cas pour la réforme précipitée de l’enseignement de la grammaire au cycle 3, la réforme des rythmes scolaires…

  • qu’il impose avec autoritarisme la fusion des académies au sein des nouvelles régions.

    Nombre d’autres sujets évoqués dans ses communications sont en fait déjà intégrés à l’agenda social de l’Éducation nationale : GRH de proximité, prime REP+, évolution des modalités de recrutement et de formation par exemple. Le directeur général des ressources humaines a d’ailleurs rappelé dans une interview radiophonique que ce sera bien dans le cadre de l’agenda social que ces sujets seront traités. Le Sgen-CFDT demande que l’agenda social reprenne son rythme et des modalités de travail respectueuses du dialogue social. Dans leur communication, le Premier Ministre et le ministre proposent d’augmenter le pouvoir d’achat via le recours aux heures supplémentaires. Ce n’est donc pas une réelle progression du pouvoir d’achat qui est proposée aux agents, mais, uniquement pour celles et ceux dont le statut le permet, une incitation (demain une obligation ?) de « travailler plus pour gagner plus ». Après plusieurs années de stagnation de la valeur du point d’indice et donc d’érosion de son pouvoir d’achat, alors que le gouvernement cherche à supprimer des postes, cette proposition revient à proposer d’avoir moins d’emplois pour travailler plus et gagner plus. Pour le Sgen-CFDT, les agents attendent à la fois une amélioration réelle de leur pouvoir d’achat, et des conditions de travail leur permettant d’accomplir mieux encore leurs missions auprès du public et de rendre à nouveau leur métier attractif en terme de recrutement.

    Le SGEN CFDT n’approuve pas non plus le nouveau sujet médiatique de notre ministre : le retour de l’évaluationnite à tous les niveaux, plusieurs fois dans l’année. Évaluation qui est présentée comme diagnostic mais servira à établir des rapports de compétition entre les élèves, les classes voire les écoles… ce qui est contre productif, et nie la qualité et le professionnalisme des enseignants qui dans le cœur de leur métier pratiquent toutes les évaluations en fonction de leurs besoins et de leur classe… Ce ministre, qui était déjà présent dans les cabinets ministériels en 2008, dont les « réformes » déjà proposées puis retoquées en 2015 ont abouti à une baisse du niveau des élèves aux évaluations PISA de 2017, agit en autocrate et nous sommes inquiets des dégâts qu’il va provoquer. Nos élèves ne sont pas des sujets de laboratoires.

    Pour revenir à ce CTSD/CDEN, le SGEN CFDT félicite M. le DASEN d’arriver dans ce contexte à maintenir une continuité avec les précédentes réformes de 2015, les PDMQC, la préservation des zones fragiles… mais nous regrettons toujours que les seuils soient si élevés, comme en 6 ème à Coulonges sur l’Autize par exemple, où les élèves sont à 28 par classe. Cette réunion entérinera des mesures positives nous l’espérons, mais nous restons pessimistes concernant l’inclusion au rabais des élèves handicapés, les conditions de travail de nos collègues au quotidien, et le peu de considération que notre ministre nous porte dans ses actes. Oser reprendre dans le rapport que « nous, fonctionnaires, sommes une richesse », copyright CFDT car cette expression apparaît dans le rapport de CAP 22, ne nous convainc pas, nous avons besoin d’actes !

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